L'épave de Boonsung, Khao Lak

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Leopold Anasthase
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L'épave de Boonsung, Khao Lak

Message non lupar Leopold Anasthase » 15 Déc 2018, 16:51

Bonjour,

C’est une de mes dernières plongées, je vous fais un petit compte-rendu. Nous sommes en mer d’Andaman, en Thaïlande, en face de la plage de Bangsak. 5 km an Nord-Est de Khao-Lak. C’est le coin de la Thaïlande qui a le plus morflé du tsunami de 2004. Cette épave se plonge soit en fin de croisière en mer d’Andaman, soit en plongée “daily” (à la journée). C’était le cas pour moi cette fois-ci, un taxi local (pick-up couvert, deux banquettes, sacs de plongée sur le toit) vous prend à votre hôtel. Le briefing se passe dans le taxi, une fois que tous les participants sont là. Le trajet nous amène sur une belle plage, sable blanc, cocotiers, et nous embarquons sur un bateau local au moteur “long tail”, typique de ce coin d’Asie. L’entrée en matière est donc plutôt humide, eau à mi-cuisses. Le trajet en bateau dure vingt minutes, et là on comprend pourquoi le briefing a eu lieu dans le taxi : un moteur de “long tail”, c’est très bruyant.

L’épave, c’est en fait les restes informes d’une barge de forage d’étain. Sa position : 8°45’29” N, 98°11’12” E. Elle se situe “in the middle of nowhere”, posée dans le sable, éclatée en plusieurs morceaux méconnaissables. Du coup, elle constitue un formidable dispositif concentrateur de poissons, une vraie oasis de vie. Amateurs de profonde, passez votre chemin : à moins d’emporter une pelle, vous ne dépasserez pas 20 mètres.

Sur le bateau, pendant le trajet et à l’arrivée, on s’organise, on grée son bloc, on se glisse dans sa combinaison, on prépare son appareil photo… Le planning de la journée : première plongée de 45 à 50 minutes (pas de palier), une heure et vingt minutes d’intervalle de surface que l’on met à profit pour se restaurer (c’est simple et c’est très bon), deuxième plongée un peu moins profonde et un peu plus courte (40 à 45 minutes), dégréer les blocs, ranger son matériel, et retour sur la plage, puis retour à l’hôtel avec le même taxi. Concernant l’organisation, on vous conseillera d’aller dans les endroits les plus profonds lors de la première plongée, et de faire attention à votre décompression lors de la deuxième plongée. La plongée est accessible à un plongeur Niveau I ou OWD, de préférence un peu expérimenté (qui sait éviter de se planter sur les oursins ou dans les sable, et qui sait surveiller son ordinateur). Le matériel requis est classique, une lampe vous permettra d’éclairer les recoins. Le parachute est conseillé, mais le plus souvent la remontée se fait le long d’un bout, et au besoin votre guide lancera son parachute. Le compas n’est pas indispensable : même si la visibilité est modeste, on arrive à se déplacer à vue.

Pour être honnête, j’ai été un peu dérouté par les conditions “cheap” de la plongée. En Thaïlande, j’avais connu les bateaux de croisière, un large pont plongée, des tables pour manger... Le “longtail”, c’est un peu plus confortable qu’un zodiac, mais ne cherchez pas les toilettes, le seau de rinçage, la prise pour brancher votre chargeur de batterie… À la mise à l’eau, je suis à nouveau dérouté par la visibilité. Je dirais 6 mètres, une eau chargée, mais pas de courant. Ça change des conditions rencontrées sur les îles Similan, où on a souvent 30 mètres de visibilité, mais pas mal de courant. Comme c’est du sable au fond, il faut faire attention à ne pas le soulever en palmant. Il faut être attentif, les tôles présentent des arrêtes vives, et c’est plein de poissons-scorpions (probablement Scorpaenopsis oxycephala) et de rascasses volantes (Pterois miles) sur lesquels il est facile de poser les mains… Dernier point, on vous a vendu une plongée sur épave, eh bien c’est sur l’épave que vous plongerez. Vu l’instabilité des structures, il n’y aura pas de pénétration. Dommage, c’est le moment que je préfère...

Et à part ça ? Eh bien c’est une très belle plongée. C’est une vraie explosion de vie (l’expression est un peu publicitaire, mais c’est ça). Des bancs immobiles, des bancs en mouvement, des poissons mimétiques (lézard, scorpion), des nudibranches, et de très belles murènes (murène de Java, Gymnothorax javanicus, murène tatouée, et murène léopard, Gymnothorax favagineus). Pour les espèces, vous croiserez des fusiliers, des barracudas, des chirurgies, des lutjans (vivaneaux, “snapers”, des mérous, des poissons-porc-épic, des demoiselles, des bancs d’alevins, des “sweet lips” (gaterins, famille des Plectorhinchus). Vous pouvez fouiller dans les trous et trouver des crevettes (crevette danseuse de Durban Rhynchocinetes durbanensis, des grandes crevettes nettoyeuses Stenopus hispidus)… La faune fixée n’est pas en reste, avec de beaux coraux colorés, corail éventail, corail mou…

Voilà, pour ne parler que des espèces « à coup sûr ». Oui, car il y a trois sortes d’espèces en plongée. Quand le guide vous fait le briefing, il parle des espèces « à coup sûr », celles que l’on verra sans effort. Il y a les espèces « qu’on peut voir aussi », celles qu’il faut chercher (par exemple, un antennaire, un “ghost fish”), ou celles qui ont été aperçues sur le site, mais pas tous les jours. Et enfin les espèces « si on a de la chance ». Eh oui, le bateau y va tous les jours. Mais vous, vous y allez deux fois par an. Alors, peut-être qu’on y voit des requins léopard ou des thons, mais ils ne seront pas nécessairement là le jour où vous plongerez.

Voili voilà, pour résumer, deux belles plongées !

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