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06/07/2007   par Plongeur.com

"un monde ailleurs " le site d'une blog-trotteuse, Marie-Ange Ostré

au Botswana, dans la chaleur du delta de l’Okavango, à scruter les marais pour trouver les crocosPlongeur.com vous propose de découvrir ou redécouvrir le blog de Marie-Ange Ostré. Elle se définit elle même comme une blog-trotteuse qui propose de partager "les anecdotes de voyages et de plongée sous-marine, les gastronomies d'outre-France, les joies, les déboires, les surprises, les émotions" mais aussi "le jardin secret, les coulisses rarement racontées " des tournages de Francis Le Guen.
Laurent-Xavier GRIMA : Dans un premier temps, Marie Ange peux tu te présenter ? Marie-Ange Ostré : Blog-trotteuse accro aux rencontres avec des cultures différentes, dans des paysages différents et dans des conditions particulières. J'aime découvrir, goûter, tester. J'écoute, et j'observe beaucoup. Avec mes yeux, mes oreilles et mes émotions. Mais dès que je vis quelque chose de différent, j'ai envie de partager, de raconter, de témoigner. Vivre des situations extra ordinaires me semble de peu d'intérêt si je ne peux pas en témoigner au retour, même si je garde parfois certaines émotions juste pour moi. On ne peut pas tout dire... L-X G : Tu es donc plongeuse mais aussi photographe. Comment ces deux passions se sont développées en toi ? Est-ce qu'aujourd'hui tu peux dissocier la plongée de la photo et inversement ou est ce que les deux sont définitivement intimement liées ? M-A O : Je me suis mise tardivement à la plongée, depuis une dizaine d'années seulement, mais je me suis rattrapée très vite ensuite. D'une part parce que ce fut un vrai coup de foudre, mais aussi parce que mon chemin de vie m'a amenée à m'établir dans des régions favorables à la plongée sous-marine. Pour suivre mon instinct de partager avec d'autres qui ne pouvaient pas voir ce que je contemplais sous l'eau, j'ai acheté un tout petit appareil photo dans un tout petit caisson, et très vite Hugues Vitry sur l'île Maurice, grand photographe et passionné, m'a dit «laisse tomber ton appareil de touriste, et essaye ça». C'était son Nikonos V et le virus m'est tombé dessus. Je me suis perfectionnée grâce aux conseils avisés de Hugues parce que j'allais plusieurs fois par an sur Maurice, puis j'y ai vécu un an, et en plongeant deux fois par jour... tout va plus vite. Mais je ne suis encore qu'amateurdans le lac de Kakaban avec les méduses endémiques, au large de Derawan, Bornéo (Indonésie) en photo sous-marine, même si j'adore ça. Aujourd'hui je plonge moins souvent avec un appareil parce que mes plongées ne sont plus forcément des plongées loisir. Chaque photographe te dira qu'il faut du temps et de la sérénité pour photographier sous l'eau dans de bonnes conditions. Et mes plongées actuelles s'y prêtent moins. Mais je souffre de ne plus pouvoir en faire, et de fait je vais reprendre mon appareil photo pour mes prochaines plongées, j'ai hâte de m'y remettre et je vais essayer d'adapter un peu plus mes plongées à la photo sous-marine, ne serait-ce que pour me faire plaisir ! Mais ce n'est pas gagné d'avance !... L-X G : Tu as décidé de te dévoiler un petit peu sur un blog : http://www.unmondeailleurs.net/. Qu'est ce qui t'a poussé à passer le pas ? M-A O : Dévoiler est bien le mot !... Je suis par définition très pudique, mais si j'ai toujours raconté chacun de mes voyages, chacune de mes rencontres, c'était uniquement pour mes proches. Qui me poussaient alors à publier mes récits sur une plus grande échelle. Je suis venue petit à petit à témoigner par le biais du site web des Carnets de Plongée que j'ai rédigé pendant 3 ans, puis avec mes articles pour Plongeurs International. Et «l'Homme» m'a encouragée aussi à ouvrir mon blog au grand public, ce que j'ai fait à l'automne dernier, et très vite mes récits et mes photos ont attiré l'attention. L-X G :Quant on vient sur ton blog, que pouvons nous découvrir ? sur une pirogue à moteur en forêt de Bornéo, avec notre ingénieur du son, Jean-Baptiste BenoîtM-A O : Tout ce qui est lié à trois de mes centres d'intérêt : le voyage, la plongée, la photo. Et tout ce qui tourne autour de ces trois axes, en incluant mon travail de photographe et chroniqueuse sur les tournages, la gastronomie des destinations visitées, les conditions de voyage, mes lectures pendant les longues heures d'avion, etc... Je ne m'interdis pas grand-chose sur mon blog : je parle de mon vécu et de mes ressentis. De ce que j'aime, et de ce qui me touche. Je mets en ligne deux ou trois articles par semaine, même si je voudrais publier davantage, mais je manque terriblement de temps. J'illustre avec mes photos prises sur le terrain. Et de fait, en voyage, je pense souvent à mes lecteurs et je photographie ou je prends des notes en me disant «je vais raconter ça sur mon blog». En voyage, je suis toujours à la recherche d'une connexion wifi !... C'est très gratifiant de pouvoir échanger de cette façon, sur une interface interactive. L-X G : Ton site fonctionne depuis maintenant presque un an. Quelles sont les rubriques les plus prisées par tes lecteurs et comment peux tu qualifier les relations que tu as avec les internautes qui viennent surfer sur ton blog ? M-A O : Mes lecteurs, localisés dans le monde entier, sont souvent voyageurs ou plongeurs, d'autres sont intéressés par la photographie, certains par la gastronomie, et des personnes plus sédentaires, pour diverses raisons, trouvent sur mon blog un moyen de s'évader de leur quotidien (j'aime l'idée de les aider à rêver un peu). Des lecteurs français expatriés aiment y dans le lac de Kakaban avec les éponges roses de la mangrove du lacpartager une connivence avec ceux qui passent beaucoup de temps hors de l'hexagone. Ils y retrouvent les tracasseries du voyageur, des anecdotes sur des quiproquos, ils racontent aussi leur expérience de vie à l'étranger, ils témoignent. C'est stimulant pour tous, et des relations quasi amicales s'ébauchent. Les récits sur la plongée sous-marine sont très lus, mais j'ai récemment subdivisé mes chapitres (catégories) en zones géographiques et je m'aperçois que ce qui fascine surtout ce sont les zones lointaines, les pays qui sont moins abordables ou moins racontés. Le rare est cher, c'est bien connu, même en récits de voyages. Et mes albums photos sur les îles dites paradisiaques ont beaucoup de succès aussi... ;-) L-X G : Sur ton blog, nous découvrons les récits de tes voyages. Avec tes photographies, nous voyageons un peu avec toi. Parfois même, nous partageons un repas et nous découvrons des senteurs et des saveurs exotiques. Nous sommes aussi admis en back stage et nous découvrons les coulisses des tournages des Carnets d'Expédition de Francis Le Guen, que tu appelles « l'Homme » dans tes papiers. M-A O : Il m'est difficile de parler de mes voyages sans parler forcément, un peu, de mon travail, et donc des Carnets avec les femmes San, en Namibie, elles m’ont permis de passer une matinée entière avec elles, nous communiquions par gestes, en mimant, elles me montraient leur artisanat et je leur ai appliqué du baume du tigre sur certains rhumatismes…d'Expédition puisque la majorité de mes voyages se font dans le cadre des tournages. J'ai essayé de ne pas en parler, au début, mais très vite je recevais des questions de lecteurs me disant «mais quel métier exercez-vous pour voyager aussi souvent ?» et de fil en aiguille je finissais toujours par avouer ma participation aux tournages. Donc j'ai décidé de ne plus chercher à le cacher systématiquement, d'autant que ça me privait de beaucoup de spontanéité. Je tiens à ce que mon blog soit bel et bien un échange entre voyageurs et plongeurs, et je ne veux pas que des esprits chagrins me reprochent de faire de la promotion pour une personne en particulier, ce serait se méprendre sur mes intentions. Néanmoins comme ma vie est indissociable de... , j'ai choisi de surnommer Francis, l'Homme. Une majuscule qui est le reflet d'une personnalité bien particulière, et une marque de respect également. Mais je ne parle pas que de lui ! Je cite aussi souvent les autres membres des équipes de tournage pour lesquels j'ai de l'affection et de la considération, liées également à des moments de vie uniques sur les tournages. Et puis j'avoue que j'aime bien raconter l'aspect back stage, c'est une façon aussi d'expliquer à mes lecteurs comment se construit une émission de télévision, une façon de vous faire tous participer au tournage, de vous inviter dans les coulisses, de vous faire vivre nos difficultés sur le terrain, et nos fous rires, et montrer que nous ne passons pas toutes nos nuits dans des 5 étoiles à attendre que le réalisateur, cigare aux lèvres, prononce le fameux «Action». Je vous garantis qu'en rentrant de tournage nous sommes tous épuisés. Heureux du travail accompli et du résultat qui plaira, forcément (on y croit !), au public. Mais crevés. L-X G : Peux tu décrire pour les membres de la communauté de plongeur.com, ta plus belle expérience lors d'un tes nombreux voyages. avec les femmes et les enfants de la tribu des San, en Namibie, une journée extraordinaireM-A O : Difficile de choisir... un voyage chasse l'autre au palmarès des préférences. Et j'ai vécu des situations très fortes notamment cette année, qui dépendent d'émotions : la peur, le plaisir, la surprise,... Mais la plus belle ?... Peut-être en Namibie, au Nord du désert du Kalahari : j'ai passé une matinée entière seule avec les femmes d'une tribu San, ces Bushmen qui ont été révélés au monde par le film « Les Dieux sont Tombés sur la tête», ce qui ne leur a pas fait que du bien. Nous ne parlons aucune langue commune, mais j'ai réussi à communiquer avec elles grâce à un interprète, et je ne peux pas oublier les regards de cette femme qui avait à peu près mon âge mais qui avait dans les yeux toute la sagesse des traditions d'un peuple qui remonte à l'aube de l'Afrique... C'était extrêmement émouvant, et extrêmement enrichissant. Après ce type de rencontre, on se sent tellement petit, et presque neuf, comme si ces populations encore pures, presque intactes, nous offraient une forme de nouvelle virginité... On ne voit plus les choses de la même façon ensuite. (NDLR : pour découvrir les émotions de cette rencontre http://www.unmondeailleurs.net/rencontre-avec-une-femme-de-la-tribu-des-san ) Mais pour parler plongée plus spécifiquement, je suis encore novice si on considère la grande expérience de ceux que j'accompagne sous l'eau pendant les tournages. L'Homme est un pro de la plongée spéléo, les réalisateurs sous-marins (Yves Gladu, René Heuzey, Didier Noirot) ont des milliers de plongées à leur actif, dans tous les coins de la planète. Tous les quatre sont des bêtes de terrain, rompus à toutes les conditions de plongée.. Et donc... j'en bave souvent !... L'avantage dans un village africain du Malawi, certains enfants n’avaient jamais vu de blanche, et personne n’avait jamais vu de cheveux blonds !c'est que je plonge ainsi dans des endroits très peu plongés, comme dernièrement au Malawi, sur des sites uniques. Mais la plongée sans doute la plus exceptionnelle, sur un plan personnel, est sans doute celle que j'ai faite dans une galerie noyée, sur l'île d'Andros aux Bahamas. L'Homme m'avait formée un peu à la plongée spéléo (dans les sources de la Seine, une eau à 10°, une horreur pour moi qui aime l'eau chaude), et j'étais éclairagiste sous-marin sur ce tournage, sous les directives du grand Didier Noirot. Pour une séquence nous nous sommes immergés dans un trou bleu à l'intérieur de l'île, une eau au goût de soufre sur les trois premiers mètres, avec une turbidité accentuée. Ensuite descente dans une galerie noyée, en file indienne vu l'étroitesse du boyau. Des fossiles sur les parois recouvertes de sédiment, des stalactites, une plongée dans de l'encre dans une atmosphère confinée. Une atmosphère magique, certainement aussi parce que je me savais en sécurité entre l'Homme et Didier. Jusqu'à ce que l'Homme consulte son ordi de plongée et nous fasse le signe du retour : nous étions descendus sans nous en rendre compte jusqu'à - 44 m. dans ce boyau. Les plongées spéléo sont spéciales, et quelle beauté !... Et surtout, quelle émotion de souvent entrer là où d'autres n'ont jamais mis leurs palmes, la primeur de la découverte, une eau intacte... Par contre, je vous garantis que je ne le ferais avec aucun autre que ceux avec lesquels je plonge aujourd'hui. Question de confiance. Et de sécurité. (NDLR pour découvrir le récit de cette plongée http://www.unmondeailleurs.net/gouffre-noye-dites-vous/ ) L-X G :Et quels sont les prochains voyages que tu proposeras sur ton blog ?. M-A O : En fait je n'ai pas encore tout raconté sur les derniers voyages et mes dernières plongées, en Afrique, en MarquisesIndonésie ou dans les Caraïbes, Bahamas et Bermudes. Je suis en train de rédiger le contenu du site officiel de l'émission qui sera mis en ligne bientôt, donc je dois encore faire le tri entre l'officiel et les coulisses, le perso. L'officiel, c'est pour le site de France 5, et je vous réserve sur mon blog les coulisses et mes impressions personnelles. Mais nous repartons début juin vers le Pacifique, pour trois destinations originales : les Marquises, l'île de Pâques et l'archipel des Tonga. Les plongeurs connaissent les Marquises bien sûr, mais l'île de Pâques réserve encore quelques surprises (en dehors des célèbres statues) et l'archipel des Tonga est le dernier royaume indépendant du Pacifique et il est peu fréquenté, les plongeurs américains préférant les Fidji toutes proches. J'ai hâte de découvrir l'ambiance de l'île de Pâques, pour toute son histoire, son atmosphère mystérieuse. Et je suis aussi impatiente de tremper mes palmes aux Tonga, ce n'est pas si loin de la Micronésie et j'en attends beaucoup, peut-être même autant qu'en Indonésie où j'ai fait des plongées pourtant extraordinaires !... Je vous raconterai tout cela sur mon blog !
Je remercie Marie-Ange d'avoir bien voulu répondre à mes questions dans une période un peu mouvementée. En effet, c'est entre deux valises pour le tournage dans la Pacifique et la rédaction de notes sur son blog mais aussi d'articles pour la presse spécialisée qu'elle a bien voulu se confier à nous.
Marie-Ange et "l'Homme" sont rentrés de leur tournage dans le Pacifique. Malgré les difficultés d'accès à internet, les petits problèmes de santé, Marie-Ange a continué à nous faire partager son travail et ses émotions.
Je ne peux que vous inviter à surfer sur son site pour profiter de ses récits mais aussi pour découvrir les coulisses du tournage de "carnets d'expédition" la nouvelle émission de Francis Le Guen
Pour mémoire et pour tous ses fans, vous découvrirez les cinq émissions sur France 5 à partir du samedi 21 juillet à 14h55
crédit photos copyright: Francis Le Guen et marie Ange

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